20/04/2007

Impressionnée !

Mon petit boulot de journaliste pour un quotidien régional m'amène parfois à faire de belles rencontres dans le cadre de reportages qui ne s'avéraient pas forcément passionnants au départ. Ca a encore été le cas avant-hier...

Je suis allée à une conférence de presse organisée par le CPAS au cours de laquelle les bénéficiaires de l'article 60 devaient présenter une journée familiale et festive qu'ils organisent prochainement. L'article 60 est, en gros, un contrat de travail à durée déterminée qui permet aux personnes en difficulté de travailler pendant un nombre de jours suffisant pour récupérer leurs droit au chômage et leurs droits sociaux tout en se réinsérant dans la vie professionnelle. Ensemble, ils ont mis sur pied cette journée festive qui poursuit deux objectifs : réunir les familles autour d'activités conviviales, de petits jeux, de bons petits plats et aussi montrer à ces familles qu'ils sont des gens comme les autres et que non, ce n'est pas de leur faute s'ils sont un jour tombés très bas !

Et là, j'ai rencontré Alain. Il a 39 ans et il a bien voulu me raconter pourquoi et comment il bénéficie aujourd'hui de cet article 60. Il a suivi des études, a décroché un diplôme et très rapidement, il a fait ses premiers pas dans le monde du travail. Comme indépendant dans le secteur du bâtiment d'abord (pendant quatre ans), puis dans l'hôtellerie (pendant plus de quinze ans). Et en 2000, sa vie a totalement basculé. Il a été contraint de mettre fin à son activité professionnelle six mois après l'arrivée de l'euro, et quelques mois plus tard, sa femme l'a quitté... 

Mais pas question pour lui de baisser les bras. Il a continué à se lever chaque jour à 6h30 pour ne pas se laisser aller, il a vécu de petits boulots tout en envoyant plus de 400 lettres de motivation pour retrouver un boulot. Il a même directement poussé la porte de plusieurs entreprises mais sans succès. Il se sentait de plus en plus écarté de cette société qui préfère bien évidemment les gens qui ont un boulot, une vie stable, de l'argent et qui mènent leur petite vie sans gêner personne ! 

Et c'est là qu'il a entendu parler de ce fameux article 60 et qu'il a osé pousser la porte du CPAS. Ca n'a pas été facile tous les jours, surtout au début étant donné que les personnes engagées sous ce contrat ne gagnent qu'un euro par heure pendant les trois premiers mois. Une façon de tester leur motivation et leur fiabilité lorsqu'on leur confie un emploi. Mais au terme de ces trois mois, il a à nouveau reçu un salaire à la fin du mois, "de l'argent vraiment mérité" comme il dit. Et peu à peu, il a repris confiance en lui et en ses compétences. Même si l'angoisse quant à son avenir professionnel est toujours bien présente, il sait qu'au terme de ce contrat de 18 mois, il aura retrouvé ses droits et qu'il aura mis toutes le chances de son côté pour retrouver un emploi... En tous cas, je le lui souhaite !

Alain m'a impressionnée... Son histoire et sa personnalité m'ont touchées... Il m'a dit, au cours de l'interview, quelque chose qui m'a marqué et que je répèterai à toutes les personnes pleines de préjugés qui n'en sont pas convaincues : "Il faut arrêter de croire que les bénéficiaires de l'article 60 sont des babaches. Nous travaillons très dur pour tenter de retrouver un jour une qualité de vie identique à celle que nous avions dans un passé pas si lointain".

Impressionnée, c'est bel et bien le mot juste !

09:39 Écrit par S. dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

Comme quoi.... Quand on veut s'en sortir il faut un peu d'humilité et une volonté de fer. Il a raison de se battre et il y a effectivement de tout partout....Il y en a qui n'aiment pas le travail, mais il y a aussi des gens qui ont joué de malchance. Personne n'est à l'abri.
Bisous

Écrit par : Chris | 21/04/2007

aaaaaaaaaaaargh tu es journaliste. il me reste donc à m'étrangler par ingurgitation de dim sum jusqu'à ce que mort s'ensuive. journaliste. je bave, je meurs de jalousie. un chtit article sur moi ? oh bon on peut toujours essayer, après tout hein :))

Écrit par : Anaïs | 18/05/2007

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